Lettre à nos lecteurs
Nos deux quotidiens, La voix de l’Oranie et Sawt al-Gharb, n’ont pas paru aujourd’hui. Ils resteront
temporairement absents des étals. Et pour cause, leur tirage a été réduit à 1.500 exemplaires chacun par la Société d’impression dont la facture du mois de janvier n’a pas été honorée par la
société éditrice, la Sarl OPS, actuellement en cessation de paiement. Et cette situation découle du fait que la page de publicité publique par titre, que nous affecte en moyenne l’ANEP depuis
janvier 2008, ne peut plus couvrir les charges salariales et para-salariales de la société qui assure une centaine d’emplois permanents. Un plan de sauvetage est actuellement à l’étude afin de
faire retrouver à nos fidèles lecteurs leurs journaux préférés. Nous n’en doutons point, ils comprennent parfaitement notre situation et attendent avec impatience de nous relire.
Oran, le 3 février 2010
Communiqué
Notre société, la SARL Oran Presse Services
qui édite les deux quotidiens, La voix de l’Oranie et Sawt al-Gharb, est en cessation de paiement, menaçant de fait le devenir de 120 employés et leurs familles.
Cette situation est le résultat de l’affectation de la manne publicitaire publique en défaveur de notre entreprise et l’ANEP en porte l’entière responsabilité.
Aujourd’hui, nous sommes mis devant le fait accompli et sommes considérés, à partir de demain 1er février, en
situation de chômage, après avoir frappé à toutes les portes.
Nous tenons donc à dénoncer ce déni de droit qui se matérialise à travers la «politique des deux poids, deux
mesures» de l’ANEP qui fait que certains titres bénéficient indûment de quotas à notre détriment.
Nous interpellons le Premier responsable de l’ANEP à l’effet de vérifier ce constat et agir en conséquence.
Nous, collectif des deux quotidiens, déterminés à ne pas baisser bras et à recouvrer notre droit à l’emploi en sauvegardant notre outil de travail, déciderons d’une série d’actions jusqu’à la
satisfaction de nos droits en tant qu’Algériens à part entière.
Pour le collectif
de La voix de l’Oranie et Sawt al-Gharb,
Le Comité de crise
041 31 10 59
Communiqué transmis à la presse écrite le 31 janvier 2010.
Lettre à nos lecteurs
Chères lectrices, chers lecteurs
Cela fait plus de dix ans qu’est née La Voix de l’Oranie rejointe, quelques années plus tard, par son
«cadet» Sawt al Gharb. Ces deux titres, qui sont venus enrichir un paysage médiatique, se fixent comme objectif, la participation au développement de toute une région.
Sans subventions ou aide de l’Etat ni même l’octroi de crédits bancaires, ces deux titres ont continué à paraître
et ont su rester au service d’un lectorat très exigeant en matière d’informations de proximité.
La Voix de l’Oranie et Sawt al Gharb ont, également, permis la création de plus d’une centaine d’emplois directs
dont ont bénéficié, dans la totale transparence, et des universitaires et l’Etat, dans sa quête de résorption du chômage. Et autant d’emplois indirects, dans toutes les wilayas de l’Ouest
algérien.
Si les deux quotidiens ont fait face, à maintes reprises, à des difficultés économiques ou politiques, ils sont
menacés, aujourd’hui, de disparaître définitivement du champ médiatique qu’ils ont investi le 25 novembre 1999, un mois historique qui n’a pourtant jamais connu de défaites.
Chères lectrices, chers lecteurs
Depuis jeudi 28 janvier, nos deux titres ont déserté plusieurs étals de la région ouest car la société
d’impression a décidé –à juste titre- de réduire de 50% les quotas de tirage. Depuis hier, samedi 30, la réduction s’est accentuée et aujourd’hui l’inconnu plane sur la quantité à tirer. La
Société d’impression de l’Ouest réclame le paiement de ses prestations. Une situation commerciale tout à fait normale. Le problème est que nos deux journaux sont dans l’incapacité de payer leurs
dus. Mais comment en est-on arrivés à cette situation?
Depuis le 21 janvier 2008, l’ANEP, en charge de distribuer la manne publicitaire publique (donc celle de l’Etat et
des Algériens) a décidé que nos deux journaux devaient passer du «quota» de 3 pages à… 0 page par jour pour l’ensemble des deux titres. La manœuvre était tellement grossière que cette même ANEP
se devait de corriger son erreur, par deux fois. Elle procédera à une première «augmentation» à un quart de page par jour et par titre; pour, ensuite, amener nos deux titres à deux pages par
jour. Depuis ce moment-là, nos journaux se battent pour survivre, accusant déficit sur déficit.
Deux années de combat pour arriver au baisser du rideau avec une sentence douloureuse: 120 familles au chômage.
Quel paradoxe, au moment où l’Etat injecte des centaines de milliards de dinars dans des sociétés publiques pour éviter le même sort à d’autres familles.
Nous astreindre à 2 pages de publicité pour les deux journaux pendant deux longues années ne peut reposer ni sur
l’argument politique et encore moins commercial.
Sur le plan politique, d’abord, nous avons été de tous les soutiens aux institutions de la République, et ce, au
moment même où des voix, depuis l’étranger, tentaient d’éclabousser l’honneur de ceux qui défendaient cette République. Nous avons été, également, les premiers soutiens de Son Excellence le
président de la République et de son programme, sans attentes et sans aucune arrière-pensée.
Sur le plan commercial, ensuite, nous ne comprenons pas sur quelle logique commerciale, des titres qui ne
représentent même pas le tiers de nos tirages et qui emploient à peine 20% de nos effectifs, sont «récompensés» du double, voire même du triple de ce qui nous est affecté?
Chères lectrices, chers lecteurs
La volonté de bâillonner nos deux titres est, à partir de ce moment, manifeste. Car en nous privant de
rentrées publicitaires substantielles, il est clair que la mise à mort de nos titres a été savamment programmée, vous privant ainsi d’un journal que vous aviez l’habitude de tenir entre vos mains
tôt le matin pour vous informer sur votre région. Cette mise à mort savamment orchestrée a, bel et bien, abouti de cette situation: celle de jeter à la rue une centaine de familles algériennes à
la rue.
Le directeur de la publication
Lettre publiée à la une de l’édition n°3119 du dimanche 31 janvier
2010