Vendredi 14 Mars 2008

"ASSOCIATION CHOUACHI" SIDI ALI W.27 DE NANTES

Saluant la très bonne initiative de la part de notre frère Madjid et toute la communauté de Nantes pour leur magnifique association.

"ASSOCIATION CHOUACHI" SIDI ALI W.27 DE NANTES
Dimanche 02 Mars 2008
Comme le veut la tradition
La fin de l’été 2007 a été marquée
par plusieurs évènements culturels
propres à la région du Dahra et que des
hommes continuent de perpétuer à travers
les âges. Ainsi, et comme de coutume,
les Mostaganémois ont célébré le
traditionnel rendez-vous du Rakb de Sidi
Lakhdar Benkhlouf au village (ex-
Lapasset) ainsi qu’au sein du mausolée.
Aussi, tient-on ici à perpétuer le souvenir
d’un voyage impérissable effectué
alors à partir de la cité de Sidi Saïd et
ce, jusqu’à l’imposante goubba de Sidi
Lakhdar en passant inévitablement par
la contrée des Chorfa, descendants de
la tariqa (rite) el hachimya, l’ex-
Cassaigne, aujourd’hui Sidi-Ali.
Et c’est là que la tradition veut que
l’on s’attarde un peu à la faveur d’une
escale au mausolée de Sidi Affif. Il est
fort probable que cette halte soit liée au
fait que les deux grands hommes en
question, Sidi Lakhdar et Sidi Affif, entretenaient
des relations d’amitié mais
aussi d’alliance familiale.
Guenou, la fille de Sidi Affif, était
l’épouse de Sidi Lakhdar. Ceci dit, une
ambiance indescriptible aura marqué la
journée avec, à la clé, folklore et salves
de baroud. Le soir, après la prière d’el
icha, c’est au tour de la musique chaâbi
de faire sensation.
Toute la nuit, Kamel Bourbib tout
comme Houari Bouferma, ou encore
Ahmed Zeguiche, puiseront avec ferveur
dans le riche répertoire de Lakhdar
Benkhlouf et ce, jusqu’au petit matin.
Natif du Dahra, ce dernier a vécu plus de
125 ans. En plus de sa stature de grand
poète soufi, il se distinguera par ses vertus
de farouche guerrier contre notamment
l’occupant espagnol. C’est
d’ailleurs en 1558, en plein été, qu’il
prendra part à la célèbre bataille de
Mazagran, à 4 km de Mostaganem. 11
000 soldats ennemis périront lors d’intenses
accrochages, dont le comte
d’Alcandete. Le barde du Dahra y fait
référence dans une de ses oeuvres où il
évoque les péripéties de cette sanglante
bataille de laquelle l’armée arabe est
sortie victorieuse.
Des dizaines d’années durant, il
s’adonnera ainsi à la poésie dite populaire
dans un contexte purement soufi. Il
se consacrera durant une grande partie
de son existence à tout ce qui est censé
le rapprocher du Tout-Puissant. Connu
en tant que meddah arsoul Sidna
Mohamed (QSSSL), Lakhdar Benkhlouf
se vouera corps et âme aux plus belles
louanges à notre Prophète.
Il avait en outre le don de “voir” et ce,
à la faveur de prédictions contenues
dans des vers savamment tissés à travers
bon nombre de ses qacidate.
Considéré comme le chantre de la
poésie populaire à travers le Maghreb,
Sidi Lakhdar Benkhlouf quittera ce bas
monde au début du Xe siècle de l’Hégire
en nous léguant un fort précieux héritage
culturel.
Cependant, l’on n’a pas su préserver
cet immense répertoire et l’on n’a pu
sauver que quelques centaines de ses
qacidate. Sidi Lakhdar avait beaucoup
d’affection pour ses enfants, particulièrement
sa fille Hafsa, ses fils Ahmed,
Mohamed, Habib et Belkacem, mais
aussi et surtout sa mère Kella et son
épouse Guenou, souvent citées dans
ses oeuvres.
Cela dit, il est temps de songer dès
lors à institutionnaliser le célèbre festival
Lakhdar-Benkhlouf qui en est à sa 24e
édition et qui, d’année en année, gagne
en popularité.
S. A. H.
Samedi 01 Mars 2008

Le site Acheuléen d’Errayah (Mostaganem, Algérie) dans son contexte géologique
Abdelkader DERRADJI
Les anciens travaux sur le paléolithique inférieur ont fait ressortir un nombre important de sites acheuléens.
Les sites identifiés sont localisés soit dans les régions intérieures ou au Sahara ; parmi les sites les plus importants on peut citer ceux de Ternifine (Mascara) ou de Tihodaïne (Sahara central).
Le site de Ternifine a livré les premiers restes humains attribués à l’Homo erectus ; le matériel lithique est constitué essentiellement de bifaces, de galets taillés ainsi que des hachereaux.
Cette industrie est associée à une importante faune datant du Pléistocène inférieur.
Une grande partie des sites acheuléens connus en Algérie ont été localisés soit dans les alluvions anciennes, soit près des dépressions lacustres ou des retenues d’eau. Cependant, les travaux antérieurs ont mis l’accent sur la rareté voire l’absence de sites acheuléens littoraux Ces recherches sont souvent mises en
corrélation avec les étages marins.
Les quelques points attribués à l’Acheuléen littoral se limitent souvent à des outils en nombre très limité et de surcroît se trouvant en surface. Cette constatation nous a conduit depuis une dizaine d’années à nous intéresser à la région littorale et notamment celle de la partie ouest de l’Algérie.
Les nombreuses prospections menées dans la région de Mostaganem ont permis la découverte d’un important site acheuléen dans la localité de Sidi-Ali. Ce site fossilise deux niveaux archéologiques distincts, le matériel lithique est très diversifié (galets tailles, hachereaux, bifaces ainsi que des outils sur éclat).
La morphologie des formations superficielles de la région est caractérisée par un ravinement très actif, des masses importantes de sédiments sont arrachées par l’intervention des écoulements ou du ruissellements.
La granulométrie fait ressortir un bon tri des sédiments, les courbes sont souvent bimodales.
La morphoscopie des grains de quartz montre des grains arrondis, représentés par des ronds mats et une proportion égale de grains émoussés luisants. Ce qui confère au dépôt la caractéristique d’un milieu relativement agité pour les couches sableuses rougeâtres sus-jacentes au cailloutis.
Le niveau inférieur représente une phase d’écoulement de type chenal, aux bords duquel les hommes préhistoriques ont installé leur campement.
Le cortège minéralogique est représenté exclusivement par des minéraux résistants (zircon et tourmaline) ; d’ailleurs ces derniers constituent l’essentiel de la composante minéralogique des roches utilisées par l’homme préhistorique dans le débitage de ses outils.
Les résultats préliminaires de cette étude attestent un environnement fluvio-lacustre, dominé par des sédiments fins.
Sur le plan culturel, la diversité de l’outillage, l’utilisation du débitage Levallois observée dans le niveau supérieur et à un degré moindre dans le niveau inférieur, attestent une évolution morphotechnologique certaine. Cette évolution d’un Acheuléen ancien vers un Acheuléen final, trouve sa signification dans la présence d’outils (pointes et discoïdes) dans le niveau supérieur. D’ailleurs, il paraît vraisemblable de supposer une certaine continuité culturelle, qui sera matérialisée plus tard par les cultures du Paléolithique moyen.

Acheuléen
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Biface en silex de Saint-Acheul, Somme. (hauteur : 20 cm)


Le terme Acheuléen désigne à la fois une période du Paléolithique inférieur et l’industrie lithique caractéristique de cette période.

L’Acheuléen doit son nom au site éponyme de Saint-Acheul, proche d’Amiens (France), où il a été décrit pour la première fois par G. de Mortillet en 1872.

L’Acheuléen succède à l’Oldowayen en Afrique de l’Est à partir d’environ 1,7 millions d’années avant le présent, dans les sites d’Olduvai (Tanzanie) ou sur les rives du lac Turkana (Kenya). Il se répand ensuite dans tout le continent africain. Les sites de cette époque sont extrêmement nombreux mais on peut retenir les noms d’Olorgesailie, Kilombe, Isenya (Kenya), Melka Kunture, Gadeb (Éthiopie), La Kamoa (République démocratique du Congo), Tighennif, et Tabelbala-Tachenghit (Algérie). L’Acheuléen atteint ensuite le Proche-Orient, l’Asie et l’Europe.

En Europe, l’Acheuléen succède au Chelléen (ou Abbevillien) et dure environ de 500 000 à 300 000 ans avant le présent.

Les outils caractéristiques de l’Acheuléen sont les bifaces, les hachereaux et les bolas. Ils sont souvent associés à de petits outils retouchés sur éclats.

Le type d’Hominidé ayant produit ces outils n’est pas connu avec certitude. Pour les phases anciennes en Afrique, il peut s’agir de Paranthropus robustus, d’Homo ergaster ou d’Homo erectus. Pour les phases récentes en Eurasie, il s’agit vraisemblablement d’Homo erectus.

Dans certaines régions, l'Acheuléen comporte un stade final désigné sous le nom de Micoquien, dans d'autres le passage de l'Acheuléen au Paléolithique moyen est plus ou moins progressif : disparition des bifaces, généralisation du débitage Levallois, développement et standardisation de l'outillage sur éclat, etc.

 
Les humains savent faire du feu depuis l'Acheuléen.Cette période est marquée par une découverte majeure, la domestication du feu : elle aussi est à mettre à l’actif d’Homo erectus et elle est attestée à partir d’environ 400 000 ans avant le présent, notamment dans les sites de Terra Amata, Menez-Dregan (France), Bilzingsleben (Allemagne) ou Vértesszõlõs (Hongrie).

A.Hamri

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