Lundi 28 Mai 2007

Omar Khayyâm (1050-1123)

Entre la foi et l'incrédulité, un souffle,
Entre la certitude et le doute, un souffle.
Sois joyeux dans ce souffle présent ou tu vis,
Car ta vie elle-même est dans le souffle qui passe.

El bordj
La grande Mosquée , DaïraLe boulodrommeDAR Echabab ( Hommage à son ancien directeur  El Hadj Chaabane Belghecham)
Le premier  immeuble moderne de Sidi Ali El Bazar( Berlusconi) L ' Eglise
El Bassène( Le bassin, Haouche Larmotte)
Sidi ali Est
Lundi 28 Mai 2007
Merci à Jean François Mendez les photos



Dimanche 27 Mai 2007
Les textes de l'époque Sans Correction.

Article de presse de l'Echo d'Oran MOSTAGANEM - Assassinat de Laurent François

 

 


 

 

 

 

 

 

 

Ce dimanche 31 octobre 1954, à la tombée de la nuit, un groupe d'hommes sous les ordres de Sahraoui et Belhamiti se réunit au lieu dit " Oued Abid ". Sahraoui dispose d'armes de guerre (3 carabines italiennes, un fusil mauser et des munitions) qui lui ont été procurées par Bordji Amar.
Cette réunion a pour but l'organisation d'une attaque qui doit être déclenchée à une heure du matin.

Tous se réunissaient vers le centre de Cassaigne ; Belhamiti prenait la tête d'un demi-groupe composé de Mehantal, Belkoniène, Chouarfia qui devaient se poster légèrement au sud et à l'Est des bâtiments de la gendarmerie.

L'autre demi groupe sous la direction de Sahraoui Abdelkader et composé de Belkoniène Taïeb, Tehar Ahmed et Beldjilali Youssef allait par l'Ouest s'approcher de la cour extérieure de la gendarmerie.

C'est à ce moment là que survint une automobile qui stoppait devant la cour extérieure, côté est de la gendarmerie. Le demi groupe de soutien de Belhamiti se dissimula dans un fossé bordant la route. Belkoniène et Tehar de leur côté, de peur d'être surpris eux aussi, cherchèrent à se dissimuler derrière les bâtiments de la gendarmerie ; ils y retrouvèrent Saharaoui Abdelkader qui leur donna l'ordre de se porter en avant et de tirer sur les arrivants.

 

 

 

Laurent François, conducteur du véhicule, et Mendez Jean-François, son compagnon de route, revenaient d'un bal de Mostaganem et rentraient à Picard ; sur leur route ils étaient arrêtés par monsieur Mira - gérant de la ferme Monsonégo - qui leur demanda d'alerter la gendarmerie car il était attaqué. Des coups de feu claquèrent alors mais sans les atteindre. Laurent François et Mendez Jean-François se précipitèrent donc vers Cassaigne et venaient donner l'alerte à la gendarmerie.

Laurent François sonnait au portail d'entrée et tous deux attendaient qu'on leur ouvre ; ils étaient éclairés par l'ampoule électrique allumée au-dessus du portail qui faisait d'eux une excellente cible pour les tireurs embusqués.

Belkoniène et Tehar, en position de tireurs immédiatement derrière la clôture en fil de fer de la gendarmerie, à une vingtaine de mètres environ de Laurent François et de Mendez Jean-François, tirèrent chacun un coup de feu. Laurent François s'écroula, mortellement atteint d'une balle à la nuque ; Mendez Jean-François s'affaissa mais n'était pas atteint par la balle qui allait s'écraser près d'une meurtrière dans le mur de la gendarmerie.
Un troisième coup de feu fût tiré sans atteindre sa cible.

L'attaque prévue de la gendarmerie était un échec pour les terroristes qui s'enfuirent et se replièrent au lieu-dit " La pierre Zerouki ".
Une première victime civile de 22 ans s'inscrivait sur la liste de milliers d'autres au cours de cette guerre.

 

 

 

Verdict de la Cour d'Assises de Mostaganem du 24 juillet 1955

 

 


Condamnés à la peine capitale : Belkoniène Taïeb, Tehar Ahmed et
Saharoui Albdelkader

Travaux forcés à perpétuité : Belhamiti

Vingt ans de travaux forcés : Chouarfia, Belkoniène Mohamed

 

 

 

Témoignage de Jean-François MENDEZ,
rescapé de l'attentat de Cassaigne

 

 

Dimanche 31 octobre 1954 ; comme d'habitude je suis avec mon copain FRANCOIS Laurent, âgé de 22 ans. Nous décidons d'aller danser à Mostaganem qui se situe à environ 75 kilomètres de Picard ; nous avons appris qu'il y avait un bal au " grand hôtel " où nous avions rendez-vous avec des copines habitant Mostaganem.

Comme l'ambiance ne nous plaisait pas, nous décidons de revenir sur Picard. Nous raccompagnons les deux copines avec lesquelles nous étions et nous prenons la route pour revenir chez nous. Laurent est au volant de sa 4 CV et décide, plutôt que longer la côte, emprunter la route un peu plus longue de 2 kilomètres qui passe par Cassaigne.

Nous roulons tranquillement lorsque soudain, à la sortie de Ouillis en direction de Cassaigne, nous apercevons un homme en sous-vêtements, en bordure d'une rangée de vignes. L'homme qui ne bouge pas nous fait des grands signes. Laurent s'arrête à sa hauteur et j'ouvre ma portière ; nous avons tout juste le temps d'entendre l'homme nous crier d'aller chercher du secours que des coups de feu résonnent dans la nuit ; le pare-brise de la 4 CV vole en éclats ainsi que la vitre de la portière du côté de Laurent. Je crie à Laurent de démarrer, il s'exécute et nous repartons en trombe. Nous étions complètement hébétés et ne réalisions pas ce qui nous arrivait. Je m'aperçois que Laurent à du sang sur le côté gauche du front ; je lui donne un mouchoir et, tout en conduisant, s'éponge le front du sang qui coule encore. Je lui redonne un second mouchoir. Nous décidons d'aller avertir la gendarmerie de Cassaigne. Nous arrivons en trombe sur la petite place devant la gendarmerie. Nous ne prenons pas la peine de refermer nos portières ni d'éteindre nos feux. Laurent a immobilisé le véhicule à quelques mètres de l'entrée de la gendarmerie.

Je m'inquiète de la blessure de Laurent qui me rassure en m'indiquant que çà va. Nous arrivons devant l'immense porte imposante de la gendarmerie et nous nous mettons, tous deux, à tambouriner, à hurler, à tirer sur la chaîne qui actionne la cloche, personne ne répond. Soudain des coups de feu ; Laurent s'écroule en arrière. Moi, je me retrouve par terre ; je continue à asséner des grands coups de pied dans la porte. C'est à ce moment-là que je vois, dans la rue, des lumières s'allumer dans un grand bâtiment qui se trouve être la prison. Je porte mon regard sur Laurent qui ne bouge pas ; j'appelle au secours mais personne ne répond. Je décide de m'enfuir et, prenant mes jambes à mon cou, je dévale une pelouse et tombe nez à nez sur un gardien de nuit qui dirige son fusil dans ma direction. Je parviens à lui expliquer ce qui se passe et lui demande de contacter un docteur pour Laurent ; un autre homme, un second garde nuit, arrive en titubant et nous dit qu'il vient de se faire attaquer et que ses agresseurs lui ont volé son fusil. Une autre personne, qui apparaît en haut du talus avec une lampe torche à la main, nous demande ce qui se passe. Je lui réponds que nous avons besoin d'un docteur pour mon copain qui est blessé et qui gît devant la porte de la gendarmerie.

Nous courons chez le docteur Guilbert sans prendre le temps de donner plus d'explications au dernier arrivant. Les coups de feu ont cessé.

Le docteur qui a été réveillé par tout le bruit nous ouvre immédiatement et, après que je lui ai expliqué ce qui était arrivé, nous indique qu'il se rend immédiatement au chevet de mon copain.

Nous retournons devant la gendarmerie et recognions à la porte d'entrée ; nous actionnons également les klaxons des voitures. Enfin la porte s'ouvre et deux gendarmes apparaissent. De nouveau j'explique ce qui nous est arrivé. Le docteur est en train d'examiner Laurent et demande aux gendarmes d'appeler du secours.

Les gendarmes ont réveillé tout le monde ; même les chiens dormaient. Le docteur qui a fait un premier diagnostic qui n'est pas très rassurant demande aux gendarmes d'avertir les autorités.

Les gendarmes se mettent au travail mais il n'y a plus de téléphone. Toutes les lignes téléphoniques ont été coupées. Le seul contact reste la radio ; il est presque 2 heures du matin. Il faudra attendra l'heure de vacation avec la gendarmerie de Mostaganem.

Le chauffeur de l'Administrateur arrive avec un fourgon qui servira d'ambulance au transport de Laurent, toujours inanimé. Le docteur décide de transporter Laurent à l'hôpital de Mostaganem. Malgré les efforts du chauffeur qui mettra tout en œuvre pour arriver très vite, Laurent succombera avant même son arrivée à l'hôpital.

Quand à moi je reste à la gendarmerie afin d'y être interrogé. Les gendarmes ont enfin la vacation avec Mostaganem qui met en alerte toute la région.

Cassaigne était, administrativement, le chef-lieu de 5 communes : Bosquet, Cassaigne, Lapasset, Picard et Ouillis. Le village le plus éloigné était Picard qui se situait à environ 35 kilomètres de Cassaigne.

Il était déjà tard lorsque un gendarme me propose d'aller me reposer chez lui. Son épouse me propose leur propre lit ; je m'allonge et tente de dormir. Tous ces évènements passent sans cesse devant mes yeux et je pense surtout à " Lolo ", mais le sommeil me gagne. A mon réveil, le jour est déjà levé. Je prends un café que la femme du gendarme m'a fait et je rejoins le bureau des gendarmes qui m'apprennent le décès de Laurent. Ils reprennent leur interrogatoire lorsque la femme du gendarme chez lequel je me suis reposé rentre dans le bureau et demande à son mari de venir voir quelque chose. Le gendarme et son chef lui emboîtent le pas et reviennent presque aussitôt. Ils décident de faire une inspection autour de la gendarmerie et là ils découvrent beaucoup d'empreintes dans les champs qui longent les bâtiments, des échelles, des douilles de balles. Sur le toit ils relèvent également des empreintes d'individus qui, visiblement, s'apprêtaient à attaquer la gendarmerie. Les chiens qui ne s'étaient pas manifesté avaient été endormis.

En fait, la femme du gendarme qui était intervenue s'était rendue compte qu'un des barreaux de la fenêtre de la chambre dans laquelle je m'étais reposé avait été sectionné par une balle. Personne n'avait rien entendu.

Les gendarmes avaient-ils réalisé que notre intervention avait déjoué l'attaque qui leur était destinée et que, sans aucun doute, avait permis d'épargner leurs vies et celles de leurs familles ?

A présent, l'alerte était donnée un peu partout. Les gendarmes contactèrent ceux de Picard qui eurent en charge d'aviser le Maire. C'est ce dernier qui avertit mes parents et eut la pénible tâche d'avertir ceux de Laurent.

Dans le courant de la matinée, les renseignements arrivaient d'un peu partout. L'homme que nous avions vu sur le bord de la route et qui nous avait demandé du secours était le commis de la ferme MONSONEGO. Heureusement il n'avait rien eu excepté une peur terrible. Les terroristes avaient tenté de faire sauter le transformateur électrique de Ouillis qui alimentait tout le Dahra. Dans l'obscurité, toute la région pouvait être une proie facile pour les terroristes.

En fin de matinée, mon père, accompagné de monsieur Vernier Maire de Picard, vint me chercher ; le Maire se rapprocha de l'Administrateur afin de lui demander des renseignements.

Nous arrivâmes à Picard où l'émotion était grande dans l'après-midi.

Pendant plusieurs mois, après ce drame qui avait chamboulé ma vie, je vécus un cauchemar. Je ne dormais plus la nuit car je revoyais sans cesse la scène. Je fus contraint de dormir dans la chambre de mes parents.

Les obsèques de Laurent eurent lieu le 3 ou le 4 novembre. Tout Picard était là, les villages voisins également étaient venus rendre un dernier hommage à cet enfant du pays de 22 ans. Beaucoup de monde ; mais pas un seul officiel, pas une seule autorité n'assista à ses obsèques.

Le lundi 8 novembre, dans le courant de la matinée, le Maire - monsieur Vernier - recevait un appel téléphonique de Cassaigne ; il était informé qu'une reconstitution de l'attentat devait avoir lieu dans l'heure, qu'il devait m'aviser que j'étais attendu pour cette reconstitution.

Le Maire contacta mon père. Comme nous n'avions pas de voiture, monsieur Vernier, le Maire, nous proposa de nous amener. Mon père exigea une escorte car nous avions environ une heure de route. Cela lui fût refusé et de ce fait, je n'ai pu assister à cette reconstitution. Les terroristes avaient été arrêtés quelques jours plus tôt, leur chef, lui, avait été abattu.

Lors de cette reconstitution, un gendarme qui n'avait pas apprécié l'attitude des autorités indiqua à un journaliste présent, monsieur Palacio de l'ECHO-SOIR, qu'il était inadmissible que le témoin principal ne soit pas présent.

Sitôt la reconstitution achevée, monsieur Palacio accompagné de son chauffeur et photographe, monsieur Gagliardo, ont pris la direction de Picard et sont venus me voir à la maison.

Lors de cette reconstitution, l'on se rendit compte qu'il y avait encore sur le portail de la gendarmerie des petits morceaux de cuir chevelu et des mèches de cheveux de Laurent. La balle qui m'avait été destinée était plantée dans la porte.

Après avoir eu l'autorisation de mon père de m'interroger sur les faits, ils publièrent leur article le 9 novembre.

Ce furent les seules personnes qui s'inquiétèrent du drame de Cassaigne.

Dans le mois qui a suivi, presque tous les gendarmes ont été déplacés. Aucun motif n'a été communiqué.

Nous n'avons plus entendu parler de l'attentat de Cassaigne jusqu'au jour du jugement des terroristes, le 23 juillet 1955, où la sentence a été prononcée.

Condamnés à la peine capitale : Belkoniène Taïeb, Tehar Ahmed et Saharoui Abdelkader ;
Travaux forcés à perpétuité :
Belhamiti ;
20 ans de travaux forcés :
Chouarfia, Belkoniène Mohamed.

Pour ce jugement auquel j'ai assisté et qui n'a duré qu'une petite journée, je n'ai été dédommagé que d'un remboursement de mon déplacement de la journée.

J'ai tout de même bénéficié d'un " acte de courage et de dévouement " signé de monsieur Mitterand, ministre de l'intérieur en 1956 et d'une carte de félicitations de monsieur Le Baron Roger de Saivre, député d'Oran et de l'Assemblée Nationale.

En dehors de ces deux documents, que je considère comme des vulgaires bouts de papier, je n'ai rien eu d'autre. Pas même le droit de figurer aux Archives Nationales avec mon camarade Laurent FRANCOIS première victime du terrorisme et non, comme l'attestent les divers journaux ou documents, monsieur Monnerot qui, paix à son âme, fût assassiné 8 heures après mon ami Laurent FRANCOIS.

Laurent ne méritait-il pas, lui aussi, les honneurs de sa Patrie ?

 

 

Signé : Jean-François MENDEZ

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

Dimanche 27 Mai 2007
J'ai enlevé un petit passage et quelques mots uniquement pour garder

le sens de ce blog

                                            Aimez-vous les uns les autres !


       Dans le cadre de l’information historique sur notre Sidi Ali (Cassaigne).

Nous avons la chance d’avoir un témoin vivant du déclenchement de la Guerre

d’Algérie.

M. Jean-François MENDEZ ( Habitant ( Khadra-Picard ) en 1954.

Là c'est le témoignage de Monsieur SPITERI André qui était en 1954 ingénieur des Ponts et Chaussées de Cassaigne (Sidi Ali) et sa région et mon témoin vivant de cette nuit du 1/11/1954  qui a confirmé ce que j'ai écrit, donc aucun doute.

        Voila mon Ami de quoi alimenté ta curiosité et ton blog et j'espère que nous resterons en contact.

        Fait un mot pour me dire si tu as bien reçu les 4 messages

Texte écrit par Jean-François MENDEZ.

----Au petit matin du 1er novembre 1954, le car de voyageurs circulant entre Arris et Tifelfel, dans l'Aurès, est arrêté par des " fellaghas ( Moudjahiddine)"; l'instituteur Guy Monnerot, son épouse (elle survivra) et le caïd M'chounèche seront abattus.
-----Les médias et le pouvoir attacheront un tel symbolisme à ce double assassinat, que tous considéreront que l'instituteur est le premier mort civil européen de la rébellion algérienne.
-----Dès lors, seront occultés les actes de courage et les sacrifices des victimes de la nuit qui a précédé cette embuscade.
-----Que tous ceux dont nous allons raviver la douleur quarante ans plus tard, nous pardonnent.


-----Le récit qui suit est fait de nos propres souvenirs, associés au témoignage incontestable de Jean-François Mendez, qui fut l'un des deux héros des tragiques événements de Cassaigne (Sid-Ali),
-----Pendant quarante ans, nous nous sommes attachés à informer et à faire des mises au point (Figaro, Pieds-Noirs d'hier et d'aujourd'hui, et bien d'autres) en vain, seul l'Écho des Rapatriés de notre condisciple et ami M. Gori, publia le récit de cette nuit-là dans le n° 81 de juillet 1997.
-----Nous avons en vain recherché les parents ou amis des protagonistes de ce drame. Notre rencontre très récente avec M. Mendez mérite d'être contée: le 11 mai, lors de l'assemblée générale de l'association Généalogie Algérie-Maroc-Tunisie, nous découvrons dans l'album des collectionneurs, Mme Gil et M. Pleutin, une photographie de la gendarmerie de Cassaigne (Sid-Ali),; nous expliquons à nos interlocuteurs les raisons de notre intérêt pour ce document. Mi-mai, au rassemblement de Cagnes-sur-Mer, M. Mendez a une réaction identique qui n'échappe pas à notre attentif duo de collectionneurs qui, nous les en remercions sincèrement, permettront une relation entre acteur et témoin, nous aidant ainsi au rétablissement de la vérité.

La nuit du 31 octobre ou ter novembre

-----Nous avons passé l'après-midi du 31 octobre chez nos amis Choiral. Il est administrateur-adjoint de la commune mixte de Cassaigne , (Sid-Ali), plus particulièrement chargé
Nos habituelles parties de cartes et bavardages ont été interrompus par la visite du caïd de Ouillis (Abdel Malek Ramdane) (plus tard, il sera assassiné). Notre hôte est inquiet car la présence de nombreux étrangers à la région lui a été signalée. En nous séparant, il nous demande si nous sommes armés, mon épouse répond négativement évoquant, en bonne ménagère, les outils de cuisine.
-----Peu après minuit, c'est donc le 1er novembre 1954, nous sommes réveillés par un coup de feu puissant, suivi d'un second (en fait, il y en eut deux confondus). Nous pensons alors à quelque bagarre entre " indigènes ", mais les bruits de la rue nous parvenant de plus en plus fort, nous nous rendons à la fenêtre de mon bureau donnant sur l'une des rues principales.
-----En face de chez nous, sur le trottoir, se tiennent Rodriguez, ouvrier des Ponts et Chaussées, armé de son fusil de chasse (il sera plus tard enlevé par le F.L.N.), Hue, son voisin, le banquier de la Compagnie Algérienne et un jeune homme. Sur la hauteur devant le "bordj", notre ami Choiral  demande aux gens de rentrer chez eux. À terre, devant notre fenêtre très basse sur la rue, une voix nous dit en arabe d'en faire autant (il y a là un garde de nuit qui, nous le saurons plus tard, a été assommé). Convalescent d'une opération subie quelques jours auparavant, bien que la nuit soit très douce, nous retournons nous coucher.
-----Dans le calme revenu peu après, nous entendons le bruit caractéristique de la voiture (une " Floride " , la seule du village) du docteur Gibert grimpant vers la gendarmerie, à environ cent mètres de chez nous.
-----Chaque matin, devant nous reposer, nous écoutons en ondes courtes les informations de Radio Monte-Carlo. Vers sept heures, nous entendons avec surprise : " Ici tango-victor, alpha tango, ferme de Jeanson attaquée, ferme Monsonégo attaquée "; suivent d'autres lieux avec des coordonnées en lettres et chiffres pour diverses exactions. La réception se fait sur une longueur d'onde " harmonique " de celle de la gendarmerie, très proche.
-----Nous comprenons alors la réalité et la gravité des incidents de la nuit et le bien-fondé des inquiétudes de notre ami l'administrateur. 


----- À ce point du récit, nous devons nous reporter au témoignage de Jean-François Mendez tel qu'il a été recueilli par Léo Palaccio et publié dans l'Écho du Soir (d'Oran) du 9 novembre 1954.

 

Laurent François, vingt-deux ans, à peine libéré de son service militaire, et son ami Jean-François Mendez, vingt ans, tous deux originaires de Picard, dernier village sur le littoral à l'est de l'Oranie, reviennent après minuit, en 4 CV, d'une soirée dansante passée au Grand Hôtel de Mostaganem. Ils ont décidé de faire un détour par Cassaigne (Sid-ali), car la RN 11, route directe du littoral, est en chantier. Peu après le carrefour de la RN 11 et du CD 8, leur nouvelle destination, se trouve la ferme Monsonégo. Soudain, ils voient surgir dans la lumière des phares, un homme en slip et tricot, gesticulant; il leur crie d'aller chercher du secours. La 4 CV stoppe, Jean-François ouvre la portière, deux coups de feu claquent, l'homme s'enfuit dans les vignes, la voiture redémarre. Le pare-brise et la vitre du chauffeur ont été brisés. Mendez éponge avec ses mouchoirs le sang de son copain qui a été touché au front. La 4 CV fonce vers Cassaigne (Sid-Ali),et sa gendarmerie, elle s'arrête à quelques mètres de la porte cochère: Laurent frappe à coups redoublés, Jean-François tire la chaîne de la cloche. Le silence paraît des heures, quand soudain un premier tir d'arme de guerre retentit, Laurent dans la lumière du phare est atteint à la tête et s'écroule en hurlant; deux autres tirs quasi simultanés visent Jean-François qui s'était jeté à terre et s'acharnait à cogner du pied au portail toujours clos.
-----La prison, toute voisine, s'éclaire; il semble qu'à ce moment-là les terroristes (terme utilisé en 1954 concernant les El Moudjahiddine), se sachant découverts, aient décroché; Jean-François se lève et court vers le village chercher du secours, il dévale le talus du petit bois de pins entourant le monument aux morts et se retrouve face à Rodriguez, qui a revêtu sa djellaba et pris son fusil de chasse, et à deux autres gardiens de nuit dont l'un viendra, mal en point, s'allonger sous notre fenêtre. Rodriguez et son compagnon vont chercher le docteur Gibert.
-----À leur retour à la gendarmerie, le portail s'ouvre enfin à la demande du médecin; Laurent gît toujours inanimé. Il rendra son dernier soupir durant son transport à l'hôpital de Mostaganem. Il sera inhumé à Picard au cours d'une simple cérémonie où aucune personnalité n'assistera. Nous dirons que pour beaucoup " Ça n'était encore qu'un banal fait divers ".

-----
Pendant ce temps à Ouillis (Abdel Malek Ramdane), à une quinzaine de kilomètres de là, traversée par les jeunes gens quelques instants plus tôt, les gardes Mehgini et Cervero, après des échanges de coups de feu, mettent en fuite des terroristes qui se préparent à déposer des explosifs dans un trou creusé au pied du transformateur électrique qui alimente le Dahra. -----Si l'entreprise avait réussi, Ouillis (Abdel Malek Ramdane), Bosquet (Hadjaj), Lapasset Sidi Lakhdar), Picard et Cassaigne (Sid-Ali),auraient été plongés dans l'obscurité. On comprit le plan des terroristes lorsqu'on découvrit des échelles dressées contre les murs de la gendarmerie de Cassaigne (Sid-Ali),: ils attendaient l'arrêt du courant pour attaquer la gendarmerie qu'ils avaient au préalable privée de téléphone. -----
-----Jean-François Mendez reçut la médaille de vermeil du Courage,
-----Laurent François, cité à l'ordre de la Nation, obtint la Légion d'honneur à titre posthume. Quant à nous, reconnaissons-lui au moins le titre, mérité mais peut-être dérisoire, de première victime française de la guerre d'Algérie.

-----Nous n'irons pas chercher un témoignage dans le journal algérien l'Expression qui, dans un article du ter novembre 2001, écrit: " En effet, c'est bien avant l'heure prévue que la première balle fut tirée, et le premier Français (sic) éliminé à 23h45, le 31 octobre 1954. Cette nuit-là, le nommé Laurent... ".
-----Le journaliste ajoute (ici la fiction dépasse la réalité) que la prison civile, le centre des PTT et le poste E.G.A. ont été attaqués.
-----Nous rappelons le sacrifice du garde-forestier Braun qui, à la Mare d'Eau, près de Saint-Denis-du-Sig, fut abattu pour avoir refusé de donner ses armes; coïncidence, il était le beau-frère de l'oncle de Laurent.

André Spitéri


 

Dimanche 27 Mai 2007
                 Les députés de la wilaya de Mostaganem


                   FONT DE LIBERATION NATIONALE                   3

                                                                       SIAFIF ABDELHAMID 


                                                                       GUERABI NOR EDDINE


                                                                       TIFOUR BENMOUSSA  (SIDI LAKHDAR)





DEMOCRATIQUE
                                                   1

                                                                                           KACEM ELAID MOHAMMED

 

ALLIANCE NATIONANLE REPUBLICAINE      1


                                                                                           BECHIKH HADJ


 
MOUVEMENT DE L’ ENTENTE NATIONALE  1


                                                                                           TAIEB ABDELKADER


 

  HARRAKET MOUDJTEMA ESSILM                1


                                                                                           BOUDRAF MOSTEFA


 
 PARTI DES TRAVAILLEURS                             1


                                                                         BENIKHLEF ZARFA

Portail de l'emploi 100% gratuit

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